Les bleus disent au revoir à l’Euro.
France-Croatie : quelle affiche ! Un grand classique des dernières grandes compétitions internationales. La France a eu l’habitude lors de chaque tournoi d’écoeurer l’effectif croate, que ce soit aux JO, au championnat du monde 2009 et à l’euro 2010. Ce soir c’est le scénario inverse qui s’est produit : les Croates ont remporté la rencontre 29 à 22 et met fin à une hégémonie française sur le handball mondial, un déclin qui semblait se dessiner depuis son premier match face à l’Espagne. Suivi d’un match indécis jusqu’à son dernier quart d’heure, où malheureusement pour les bleus : Alilovic a sorti le grand jeu.
A chacun ses temps forts en première mi-temps :
La première mi-temps a tenu toutes les promesses de l’allure d’une telle affiche : d’abord par un temps favorable à la Croatie, avec un Alilovic qui a semé le doute dans une attaque française qui, malgré sa justesse et une certaine fluidité dans le mouvement (orchestré par Guillaume Gille en demi-centre), a eu du mal à se défaire d’une défense croate très bien en place devant la ligne des 6 mètres. Quant à l’attaque croate, elle a eu d’avantage de facilités à se trouver des espaces dans les quelques errements d’une défense française visiblement pas vraiment en confiance et réussit même à mener par trois buts d’avance.
Puis, Narcisse est entré sur le terrain. Le jeu français, bien construit jusque-là devient plus ambitieux, et enfin : les tirs aux 9 mètres sont osés et surtout transformés. S’en suit alors un véritable manque de réussite pour les Croates, qui touchent la barre à plusieurs reprises lorsque ce n’est pas Thierry Omeyer qui les empêche de marquer. La France retrouve alors son jeu en contre-attaques – celui qui lui a tant réussi – et un certain emballement semble galvaniser les bleus, qui mènent alors d’un but à la mi-temps : 12 à 11.
Alilovic pousse les Experts à la chute :
Alors qu’Ivano Balic semble faire une crise sur son banc depuis la fin de la première mi-temps, la France rentre bien dans la deuxième période avec un but de chacun de ses arrières : Fernandez et Barachet, alors que dans le camp adverse Kopljar et Cupic restent toujours aussi efficaces et permettent à la Croatie de garder contact au tableau d’affichage. Les deux équipes alternent les dominations, tantôt la France mène, à d’autres moments c’est la Croatie. Après quelques bévues, à la 45ème minute la Croatie mène par trois buts, et les Français enchaînent deux suspensions de deux minutes d’affilée qui peuvent faire bien mal à un tel moment, et ce fut bien le cas. Une agression sur Abalo plus tard à la 50ème minute, Guillaume Joli s’en va buter sur Alilovic, qui est sur un nuage en cette fin de match. Le duel des gardiens semble bien être remporté par le portier rouge et blanc. Omeyer n’arrête plus un tir et l’animation offensive des bleus se meurt dans des maladresses que nous n’aurions pas aperçues dans l’équipe de France du mondial suédois l’an dernier. La fin de la seconde mi-temps laisse le temps aux Croates de se mouvoir aisément dans une défense française qui prend tous les risques pour revenir au score et gratter des balles. La France voyant le sort du match se dérober sous leurs pieds perdent tout espoir et laisse filer lors des 5 dernières minutes le score au profit des Croates. Finalement, les rouges et blancs remportent cette rencontre 29 à 22.
La France aura retrouvé son vrai visage que durant une moitié de mi-temps, la première en l’occurrence, et aura vaillamment résisté pendant 45 minutes. Cette défaite sonne le glas pour une équipe qui n’a pas eu l’habitude depuis 2004 et les JO d’Athènes d’être privée d’une demi-finale d’une grande compétition. Les calculs sont finis et les espoirs d’une défaite de la Hongrie dans son prochain match aussi : la France est éliminée, paie son très mauvais début de compétition et devra sans doute se plier à l’exigence d’une grande remise en question avant d’aborder les prochains jeux olympiques. Rendez-vous demain face à l’Islande (16h10) pour en savoir plus sur le classement final de l’équipe de France dans cet euro serbe.
PSG : sa mutation vers le football “business-total”.
Le PSG a gagné hier soir face à l’Atletic Bilbao (4 à 2), mais a aussi perdu beaucoup, et ce dans la même soirée. Sa qualification pour les 16èmes de finale de l’Europa League est désormais qu’un simple regret, une ambition qui a brutalement disparu. Salzbourg ayant battu Bratislava : le « miracle à la lyonnaise » que l’on aime bien reprendre en exemple ne s’est pas produit.
Le PSG n’est plus à une contradiction près :
Comment une équipe, première de L1, peut-elle à ce point se gâcher la vie ? Le Paris Saint-Germain était au départ bien parti dans sa campagne européenne, où il se devait par ailleurs d’acquérir une expérience européenne pour se doter d’une aura internationale reconnue, et garantir à son investisseur une rentabilité pas trop catastrophique. Malheureusement pour le club, sa campagne s’est délitée au fur et à mesure des rencontres, la dépendance ultime à un résultat entre Salzbourg et Bratislava en est la preuve. Cette même dégradation en championnat de France est tout aussi symbolique de ce phénomène.
Le PSG est premier ex-æquo de Ligue 1 avec Montpellier, et les dirigeants du PSG veulent la tête d’Antoine Kombouaré. Par une telle incohérence sportive et en termes de logique, Leonardo ne serait-il pas le premier à devoir partir ? Car ce sont les doutes installés par le nouveau manager du club de la capitale qui ont forcé l’enchaînement inévitable : cela démarre par un manque de soutien à l’entraîneur, où suivent alors les joueurs qui, du fait de leur professionnalisation probablement excessive dans ce sport, ne savent plus gérer la base-même d’une cohésion d’équipe et se la créer, l’aura d’un groupe où chacun des joueurs joue l’un pour l’autre. C’est ce que l’on appelle « l’esprit d’équipe », et qui s’apprend à la base de tous les sports collectifs.
La mutation structurelle et politique du PSG :
La présence de Leonardo au PSG répond à une logique avant tout marchande : le rachat du PSG en a été le grand commencement. L’alliance entre le sport et le monde des affaires est bien difficile à réaliser, additionnez cela à une absence manifeste de réglementation, et vous avez là la source de tous les maux du PSG. Si le propriétaire du club peut dépenser 42 millions d’euros pour un seul joueur, c’est que la politique marchande du club est bien enclenchée à son maximum. On observe aujourd’hui que tout dans le club est promis à adopter une telle logique.
Au PSG, des ancêtres d’un semblant d’une stratégie « sportive » ou plutôt « majoritairement sportive » sont encore là. Loin d’affirmer que le foot business n’existait pas avant l’arrivée du Qatarien au club de la capitale, les déséquilibres outranciers de cette politique extrême que l’on a pu observer dans les autres pays n’étaient pas encore présents sur le sol français. Dans les faits, la richesse provient en abondance de l’extérieur avant d’être le fruit d’une logique sportive et a fortiori économique initiée par le club, que ce soit par la formation de jeunes joueurs ou par des recrutements qui, certes peuvent être coûteux, mais qui sont accompagnés d’une logique sportive qui se doit de permettre une création de richesses pour l’entreprise. L’OL s’est construit ces 15 dernières années de cette manière par exemple.
La mutation opère déjà, le choix purement sportif qu’était d’engager un coach aux capacités reconnues (Antoine Kombouaré) ne respecte plus les codes de la politique extrême menée aujourd’hui. Le choix d’un coach à la renommée internationale pouvant vendre une certaine image du club devient l’unique éventualité. Le mercato de l’été dernier était partagé entre ces deux politiques, Antoine Kombouaré a joué dans un premier temps en engageant par exemple un certain Kevin Gameiro, puis le rachat du PSG a fait dériver le club dans le business-total et surtout déséquilibré. Leonardo souhaiterait engager au prochain mercato un attaquant de renommée internationale, un certain K. Gameiro n’aurait probablement pas été effectivement dans les plans du manager brésilien, c’est certain. La mutation continue, sans doute aura-t-on d’ici quelques temps une équipe parisienne qui aura des allures de Manchester City, où le jeu sera peut-être beau, l’équipe efficace, mais où l’inéquité financière qui en sera nécessairement perceptible faussera l’émotion ressentie, et ne permettra d’apprécier pleinement le projet sportif d’un club, honnête financièrement et méritant d’un point de vue d’une logique sportive. Car les valeurs du sport et de la notion « d’esprit d’équipe » en général ne sont pas incompatibles avec la logique des marchés, bien au contraire, la cohésion et l’attachement d’une équipe se cristallisent autour d’une institution, d’un club, dont la valeur se crée par ses projets sportifs successifs.
Afin de terminer sur une note positive, contredisant dans l’esprit toutes les suites exprimées par le rachat du club parisien : il n’y a qu’à voir la victoire de l’équipe de France féminine de handball face à la Russie hier. La simple vision de l’efficacité défensive de l’équipe en fin de rencontre et l’explosion de joie consécutive au coup de sifflet final suffisent à résumer et décrire ce que peut apporter une « vraie » politique sportive : la création une équipe dans laquelle tout joueur amateur sait se reconnaître et saisir toute l’intensité d’émotions si sincères et naturelles dans leur expression. Je ne sais pas si Antoine Kombouaré est au courant qu’Olivier Krumbholz est à la tête de l’équipe de France féminine depuis 1998 et a eu les clés en mains pour conduire plusieurs générations de joueuses talentueuses. Si ce n’est pas le cas, mieux vaut ne pas le prévenir, il risquerait de vouloir changer de sport.
Après le retour des cadres, l’embellie lyonnaise tend à se confirmer.
Victime d’un début de saison en dents de scie, tantôt l’auteur de résultats positifs et parfois bien négatifs comme le mois dernier : l’OL peine à trouver et à affirmer son vrai visage. Mais quel est-il ? Car le Lyon de cette année semble conscient de son potentiel mais ne semble pas savoir encore comment l’exprimer. Avant la blessure de Lisandro, l’OL semblait être animé par une aura fort positive, toutefois le point d’arrêt d’une telle embellie – après un cycle Puel bien compliqué – vint contre Montpellier, où l’OL gagna avec mérite la rencontre, mais dû faire face en parallèle à une grave entorse de son attaquant fétiche. Lisandro de retour et avec quelques matchs dans les jambes, tout comme Ederson par ailleurs, l’OL se devait de faire un bon résultat contre Toulouse pour relancer sa saison et confirmer son bon résultat face à Auxerre la semaine dernière (3-0). Ce fut chose faite, l’OL s’imposa 3 à 2 face à Toulouse. Analyse d’un match aux allures générales d’un début d’une bonne série pour les Lyonnais.
Un effectif offensif qui retrouve des couleurs, et ses joueurs :
Lisandro est de retour, c’est un fait. Déjà premier artisan d’une belle embellie du jeu lyonnais la semaine dernière, Licha a été moins transcendant lors de cette rencontre, moins euphorique. Il est à sa décharge tout de même difficile de mettre deux buts à chaque match. Peut-être un peu moins en jambes, il a malgré tout contribué en grande partie à l’effort offensif de l’OL en provoquant un pénalty pour le troisième but lyonnais, magnifiquement cadré en pleine lucarne : imparable pour le gardien toulousain, quelque peu naïf lors de la faute qu’il a provoqué sur l’attaquant argentin. Il est bien difficile en tous les cas de lui reprocher grand-chose, tant son apport offensif et le caractère qu’il donne à son équipe fait toujours plaisir à voir. Auteur d’un bon match et efficace juste comme il le faut, c’est sans être tonitruent comme la semaine dernière que l’attaquant argentin sût marquer les esprits, être décisif, et par là-même : redorer son capital confiance.
Autre joueur sur le retour : Ederson. Très souvent blessé depuis qu’il est à l’OL – notamment victime d’une rupture totale de l’ischio-jambier gauche l’an dernier – l’attaquant brésilien en provenance de Nice a démontré que le potentiel perçu en lui et tout son talent exercé durant son aventure niçoise étaient encore enfouis quelque part dans ses jambes blessées par le passé. Malgré une première mi-temps un peu timide, son aisance technique permit de fluidifier aisément le jeu lyonnais durant toute sa présence sur le terrain. Et comme c’est bien souvent par des joueurs de grand talent que provient l’étincelle qui amène un but : le Brésilien confirma cet adage en marquant la seconde réalisation lyonnaise dès la reprise (ou presque), par une superbe frappe enveloppée du gauche qui alla se loger dans la lucarne de Ahamada, le portier toulousain. C’est un retour intéressant d’Ederson, visiblement ému par son but, qui promet de bonnes perspectives en vue du match en Ligue des champions contre Zagreb ainsi que pour le probable parcours lyonnais en Europa League, qui semble au grand dam des finances du clubs se dessiner.
Une défense qui crisse quelque peu :
Malheureusement pour l’OL, le taulier cette année en défense centrale s’est blessé juste avant le match. En effet Dejan Lovren a dû céder sa place, avant même la rencontre, à Bakary Koné. Le plus gênant finalement est de ne pas pouvoir percevoir ce que vaut la charnière Cris-Lovren, car ce n’est pas tellement le remplaçant qui pose des problèmes défensifs mais plutôt le capitaine brésilien de l’OL, qui peine à retrouver le niveau de jeu qui l’a tant fait briller durant les années fastes de Lyon. Hier soir, Bakary Koné a produit quelques interventions défensives très intéressantes et surtout a marqué le premier but lyonnais, de la tête, juste avant la pause. Le problème Cris est bien présent en tous les cas, d’autant plus qu’il est à l’origine du deuxième but toulousain en provoquant assez bêtement un pénalty, permettant aux Toulousains alors de revenir à 3-2 aux alentours de la 75ème minute, promettant alors à l’OL une fin de match bien plus compliquée qu’il n’y paraissait, lorsque ceux-ci menaient 3 à 0. Autre errement défensif : celui d’Hugo Lloris lors de la frappe d’Umut Bulut : l’attaquant toulousain a en effet surpris tout le monde en prenant sa chance à 36m du but. Alors certes la frappe est splendide, mais le placement d’Hugo Lloris n’est pas innocent dans la réalisation d’une telle performance, car si le portier lyonnais avait été plus attentif dans son placement : peut-être que ce retour toulousain n’eût pas été ainsi. C’est donc à cause d’un problème de concentration générale et grâce à un coup de génie de son attaquant turc, que le TFC s’est permis de revenir dans la partie, à la surprise générale d’ailleurs vu que l’OL menait tranquillement (sans forcément le mériter entièrement certes) par un score de 3 à 0.
Cette rencontre permettra à l’OL d’affirmer toute l’embellie de son jeu offensif après un mois de novembre catastrophique ; sans pour autant se rassurer sur un plan défensif, la faute à un secteur finalement pas encore totalement épargné par les blessures et en manque de rythme. Le retour des cadres offensifs est donc une bonne nouvelle pour Lyon qui lui permettra sans doute de continuer sur sa lancée, d’espérer pourquoi pas une qualification en 1/8ème de finale de la Ligue des Champions, et surtout d’envisager avant la trêve une bonne position dans le classement de la Ligue 1 : compétition où l’OL jouera probablement tout son avenir, pour ne pas redevenir un « club comme les autres » dès l’an prochain… Dans les coulisses, en attendant des confirmations sportives – et c’est mieux d’en rester sur des analyses de cet ordre – des rumeurs concernant le transfert de Yoann Gourcuff vont bon train ; les difficultés financières du club en ces temps de crise ne font qu’amplifier la nécessité pour l’OL de continuer cette vaguelette de bons résultats, que nous spectateurs, ne demandons qu’à voir amplifiée, tant les joueurs de qualité ornent l’équipe lyonnaise en cette saison.
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel donnent la couleur de leur rencontre de lundi.
C’était avec une certaine impatience que l’on attendait cette « intervention » du Président ou plutôt pour l’opposition ce « meeting » du candidat Sarkozy en 2012. Hier soir au Zénith de Toulon : l’ambiance était placide, se voulait sérieuse, rigide, et finalement à l’avantage de Nicolas Sarkozy dans son nouveau rôle. Il est difficile d’en vouloir à un Président en fonction candidat à sa succession de mettre en place une communication prompte à l’avantager, la seule ombre au tableau étant la question du financement, mais ce vaste débat sans grand intérêt analytique ne sera pas évoqué. C’est l’histoire d’un Président de la République qui a véritablement lancé sa campagne et qui annonce à la France entière, et sous les applaudissements de militants UMP à la sobriété bien affichée, qu’une nouvelle ère s’ouvre pour les pays développés et notamment pour notre vieux continent. Confirmation d’un scénario qui semblait bien se construire depuis quelques temps…
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel nous promettaient depuis bien longtemps qu’une entrevue décisive aurait lieu, c’est chose faite : lundi prochain aura lieu une réunion entre les deux protagonistes principaux/décideurs de la zone euro à Paris, de manière à redonner une rampe de lancement économique et financière à la zone euro, et a fortiori à l’Union Européenne : quelque peu asphyxiée ces derniers temps par la conjoncture financière – et de facto économique – actuelle.
Les bases d’une nouvelle ère annoncée par Nicolas Sarkozy lors de son discours de Toulon […] :
Nicolas Sarkozy annonçait hier qu’une nouvelle ère budgétaire allait commencer en France ainsi qu’en Europe. Au niveau national, l’instauration d’une règle d’or – boudée pourtant par les députés français eux-mêmes – serait votée dès le début du nouveau mandat de Nicolas Sarkozy en cas de victoire aux présidentielles de 2012. C’est une manière de marquer la volonté du Président français, s’incarnant comme l’image de la rigueur budgétaire, de celle d’une sorte de pragmatisme économique et budgétaire face à la situation actuelle, qui n’appartiendrait qu’à lui, qu’il souhaite se rendre exclusive ; à l’inverse de la gauche représentée par François Hollande, qui n’était pas avare de propositions coûteuses il est vrai lors des débats des primaires. Les 60 000 fonctionnaires promis dans l’éducation nationale collent véritablement à la peau du candidat socialiste depuis sa déclaration sur ce point, tout comme l’image de rigueur à Nicolas Sarkozy, décrédibilisant le Corrézien totalement à l’aune d’une élection présidentielle axée principalement sur la rigueur par la majorité en place.
Autre point largement abordé par Nicolas Sarkozy : celui de l’inter-gouvernementalité de la « future » Union européenne. Nicolas Sarkozy a lancé ce qui fera l’objet d’une convergence, sans nul doute, lors de la prochaine réunion avec Angela Merkel. En effet le fédéralisme est lancé en Europe, car comme l’a si bien dit notre Président : « L’Union européenne n’est plus un choix, mais une nécessité ». Une simple union économique, dépourvue de gouvernance politique et coordonnée, longtemps pointée du doigt comme étant l’un des plus gros manquements de notre union en place, n’est plus suffisante à l’heure actuelle. Nicolas Sarkozy a montré les futures nouvelles bornes de l’Union européenne : l’Union est une « nécessité » et si l’on veut véritablement faire avancer la situation, cette dernière doit être modifiée en profondeur et les risques encourus par une telle initiative devront être pris. De ce fait, qui dit inter-gouvernementalité dit aussi perte de souveraineté, c’est ce qui a inquiété tous les eurosceptiques. De ce fait, il faudra s’attendre dans les prochains temps à voir une modification du système exécutif européen, où les règles en termes de majorité qualifiée ou d’unanimité concernant les décisions prises par le Conseil européen seront modifiées en profondeur, de manière à ce que l’ancrage de l’immobilisme du pouvoir exécutif européen soit brisé et son exercice plus souple.
[…] précisées et détaillées par Angela Merkel ce matin :
Ce matin-même, Angela Merkel proposait un discours annonçant lui aussi les futures mesures qui seront à prendre pour l’Union européenne. Cette vision européenne de la chancelière allemande était plus précise et révélatrice de qui est finalement à l’initiative des modifications annoncées. Nicolas Sarkozy a donné les bases, évitant ainsi toute position en désaccord avec celles qui seraient annoncées par Angela Merkel le lendemain, peut-être de manière à éviter aussi de donner son véritable projet européen, tel qu’il le rêverait lui-même. Angela Merkel souhaite donc une « union budgétaire », où la Cour de justice de l’Union européenne – indépendante de tout pouvoir politique européen – serait apte à sanctionner des Etats ne respectant pas un budget équilibré. Nicolas Sarkozy était farouchement opposé au don d’une telle compétence à la CJUE. Angela Merkel prône une rigueur budgétaire, issue d’un certain modèle allemand, très rigoureux, sans alternative aux Etats ayant été trop gourmands au sein de leur cadre budgétaire et les forçant à s’adapter à ceux qui ont su se serrer la ceinture, et non l’inverse. Contrairement à cette vision des choses, encore une fois, Nicolas Sarkozy est opposé à une telle politique : il souhaiterait que la BCE puisse racheter de la dette des pays de la zone euro, comme le font les banques centrales d’autres pays dans le monde, mettant à mal donc l’indépendance prônée dans les traités européens de la banque de Francfort. Le spectre d’une inflation incontrôlable rôde dans les esprits des conservateurs allemands mettant la pression sur Angela Merkel qui souhaite (évidemment) assurer sa réélection en septembre 2013. Les enjeux électoraux allemands conditionnent donc la position inflexible de la chancelière en la matière. La seule partie de la zone euro qui était capable de faire entendre sa voix était la France, mais très vraisemblablement, la seule alternative qui pouvait être proposée semble s’être éteinte et ralliée à la position marquée outre-Rhin.
Pourquoi un tel mutisme de la part de Nicolas Sarkozy ? D’une part déjà parce que les négociations ont déjà été rudes, Nicolas Sarkozy avait déjà prononcé par le passé ses ambitions d’eurobonds, d’octroi de nouvelles compétences à la BCE, etc… mais les négociations se faisant, le premier à craquer fut Nicolas Sarkozy, car se retrouvant bloqué dans sa position de « candidat de la rigueur et du pragmatisme budgétaire » : le Président sortant ne pouvait vraisemblablement se présenter comme étant un chef d’Etat pouvant avoir dans une certaine mesure la même position que nos socialistes nationaux, mais aussi se présenter internationalement comme ayant la volonté d’instaurer un Etat dépensier, où la caricature de l’impunité budgétaire fournie par une potentielle réforme de la BCE pourrait desservir son image de candidat déjà malmenée et à la recherche d’un regain de forme dans les sondages.
A l’issue de cette intervention et par la confirmation le lendemain d’Angela Merkel, la nouvelle ère budgétaire de la zone euro se confirme. Sorte de scénario inéluctable mais pas forcément des plus ambitieux, il est certain que les enjeux électoraux de part et d’autres ont bridé les ambitions françaises d’instaurer une vraie fédération européenne. La souveraineté retrouvée des Etats européens face aux marchés financiers résultera peut-être de l’accord franco-allemand de lundi prochain, cela aurait pu être plus ambitieux et renforcé si la chancelière et notre Président avaient agit sur un fond d’intérêt d’avantage général qu’électoral. D’autant plus que de tels opportunités de « miracles » institutionnels ne sont possibles – l’histoire nous l’a déjà montré – uniquement lorsque les situations sont des plus dramatiques.
La déliquescence du PSG se poursuit.
Le « Classico », fabrication médiatique des années 90 ou non, est l’affiche principale de la saison chaque année. Nous avons été habitués les dernières saisons à avoir des “classicos” sans grand intérêt en termes de classement, avec malgré tout l’an dernier une sorte de résurrection de l’expression : les deux clubs jouant les premières places dans le tableau. L’enjeu de ce match était de savoir au final quel club allait s’enfoncer dans une simili-crise ou alors allait rebondir et se booster quelque peu le moral. C’est l’OM qui finalement réussit à tirer profit de cette rencontre en venant à bout d’un PSG bien fade par un score de 3 buts à 0.
Le résumé effilé du match :
Le match en lui-même était assez pauvre, mis à part les buts de l’OM les occasions n’étaient pas légion : on compte en effet seulement 4 tirs cadrés pour Marseille et la seule occasion du PSG provient d’une frappe de Mohamed Sissoko qui vint heurter le poteau de S. Mandanda. Kevin Gameiro et Javier Pastore n’ont pas effectué un seul tir de la rencontre, c’est le signe d’une faiblesse offensive manifeste de la part des attaquants parisiens tout au long de la rencontre. Rapidement mené au score par une très belle tête de Remy dès la 9ème minute, les Parisiens n’ont jamais semblé pouvoir rivaliser face à un milieu de terrain et surtout une défense suffisamment rugueuse et mettant en œuvre un engagement à la hauteur d’une telle affiche. C’est sur un exploit personnel qu’Amalfitano marqua un but superbe d’un tir croisé aux abords de la surface, le ballon allant se loger dans le petit filet opposé. Sirigu ne pouvait rien faire malheureusement pour le PSG, et c’est Amalfitano à nouveau ensuite qui vint effectuer un centre sur la tête d’André Ayew pour que le score s’alourdisse encore un peu plus, brisant ainsi tout espoir pour les Parisiens de revenir dans la partie. 3 à 0, c’est le bilan lourd avec lequel les Parisiens rejoignent à nouveau la capitale, avec probablement un gros goût d’inachevé dans les jambes, tant l’investissement en termes d’impact physique et d’envie était pauvre durant toute la rencontre. Marseille n’a pas été non plus vraiment flamboyant, handicapé sûrement par la blessure précoce de Rémy dès la 30ème minute de jeu, mais en tout cas c’est le plus méritant des deux qui l’a emporté assurément. Les olympiens avaient visiblement cœur à ce que la fierté du club quelque peu chahutée ces derniers temps reprenne un peu de vigueur.
L’analyse de la déroute parisienne :
Outre le manque d’envie manifeste, ce sont des défaillances individuelles qui ont mené au naufrage collectif. Tout ce que l’on a pu observer ces derniers temps concernant les tensions entre les surnommés « 4 fantastiques » s’est confirmé en même pas une heure sur le terrain. Aucun tir pour Gameiro ou pour Pastore, c’est là le symbole même d’une équipe sans allant, car malgré un Sissoko faisant ce qu’il pouvait au milieu de terrain, c’est bien devant que la sauce refusait de prendre. Pas d’inventivité, pas de jeu collectif clairement établi, il semble bien qu’il y a un problème d’entente entre les joueurs du secteur offensif. Les protagonistes semblaient bien lessivés à l’approche de la trève hivernale, ce qui est un argument à prendre en compte certes, tout comme celui que J. Pastore ait eu une préparation tronquée, mais cela ne justifie pas un tel délitement, alors qu’il y a de ça un mois ou deux nous avons pu observer une création offensive beaucoup plus imaginative et efficace.
L’un des signes avant coureur d’une telle ambiance au sein de l’équipe était notamment la grosse dispute opposant Nene et Bodmer il y a quelques jours à l’entraînement. Hier soir, ce fut la sortie houleuse de K. Gameiro à la 60ème minute qui démontra tout d’abord qu’il est effectivement bien jeune, mais aussi toute la frustration qui peut animer l’ex-Lorientais ces derniers temps. C’est l’air quelque peu dépité et pas franchement marqué d’une profonde tristesse que le prodige argentin sortit du terrain.
Autre grosse défaillance du jeu parisien : sa charnière défensive. Si Sakho sait montrer tout l’étendu de ses aptitudes défensives et physiques, l’énigme Lugano persiste toujours et se solde par l’inscription de deux buts de la part des Marseillais. Sur le premier but le défenseur uruguayen est totalement éclipsé par le très beau centre d’Azpilicueta et surtout par la tête de Rémy (9ème) et lors du second but il est mystifié par Amalfitano (65ème). Lourd bilan pour le défenseur qui malgré quelques beaux gestes défensifs, y est allé aussi de sa faute grossière, notamment sur Lucho en première mi-temps.
Les bruits de couloir de l’après-match :
On pouvait deviner aisément que ce serait le sort de l’un des deux entraîneurs qui ferait la une des journaux le lendemain de ce « classico ». C’est Antoine Kombouaré qui sort défait de cette rencontre, avec la probable désagréable impression que malgré un début de saison formidable, son avenir semble tout tracé. Car perdre d’une telle manière devant le plus grand rival français du club, c’est un signe très négatif qui est donné aux dirigeants du club parisien, déjà peu enclins à garder l’entraîneur kanak depuis le début de saison.
Peut-être qu’Antoine Kombouaré commence à être désavoué du côté de ses joueurs aussi, car malgré un soutien unanime exprimé par son équipe lorsqu’un limogeage semblait inéluctable il y a quelques semaines, le peu d’envie démontré par certains des joueurs et notamment de la vedette Pastore laisse présager de mauvais auspices pour Kombouaré, vis-à-vis de ses joueurs cette fois-ci. Il est déjà arrivé que des joueurs réussissent à faire quitter un entraîneur de son poste, c’est peut-être le début pour lui au PSG. La sortie de Pastore à la 60ème minute peut donc aisément s’interpréter comme étant une véritable une sanction auprès du joueur, une forme d’imposition brute de la volonté de l’entraîneur, de sorte à rappeler au joueur qui est le patron. Devant le peu d’envie du joueur, on peut certes y interpréter beaucoup de choses, reconnaissons simplement que si l’on voulait que l’entraîneur parisien trébuche : une défaite face à Marseille serait bien le meilleur des arguments pour parvenir à cette fin. N’accablons pas pour autant les joueurs de toutes les mauvaises intentions du monde, de simples suppositions participent juste à la réflexion de la situation du club de la capitale.
C’est grâce à un PSG affaibli en interne et en proie à des problèmes de riches que finalement l’OM parvient à revenir sur le devant de la scène nationale. A 7 points du podium, Marseille peut à nouveau croire à un grand retournement de situation avant la fin du championnat, la route est longue mais pas impossible pour le club olympien, de quoi ravir MLD et les supporters, pour le moment tout du moins…
En tous les cas ce sont les poursuivants directs du PSG qui savourent de tels déboires, le PSG stagne à 30 points et un club comme l’OL par exemple savoure ces mésaventures tout en renouant lui-même avec le succès. Montpellier confirme son statut d’outsider très dangereux et Lille et Rennes restent très présents, un peu dans l’ombre médiatique certes, mais ce n’est sûrement pas pour leur déplaire vu ce qui est perceptible chez leurs homologues parisiens.
La France n’est pas prête à résoudre les problèmes d’indépendance de son Ministère Public.
Drôle de nouvelle aujourd’hui, qui passe quasiment inaperçue (du fait de sa technicité peut-être) et pourtant son importance est très grande. François Molins vient d’avoir le feu vert par le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) pour devenir par décret avocat général de la Cour de Cassation et procureur de la République près le tribunal de Grande Instance de Paris. Les raisons d’une polémique qui mériterait d’exister.
Adulé par Michel Mercier, notre Garde des Sceaux, François Molins est en effet proche de notre Ministre de la Justice d’un point de vue professionnel car il exerçait jusqu’alors la fonction de directeur de cabinet dudit Ministère. C’est fort d’une efficacité professionnelle et de sa qualité de magistrat que la justification d’une telle nomination s’est faite. Un sentiment amical est forcément existant aussi entre les deux hommes, car même si c’est une liaison difficile à prouver, il apparaît peu probable que par l’occupation d’un tel poste (directeur de cabinet) l’homme ne soit pas dit « proche » du pouvoir exécutif en place à ce jour, que représente M. Mercier.
« Est-ce que c’est un bon ou un mauvais professionnel ? Il n’y a que ça qui compte. » ; « L’indépendance de la Justice, c’est aussi qu’il y ait des magistrats qui gèrent la Justice. »
Michel Mercier, Garde des Sceaux.
Certes M. Molins est un magistrat et un professionnel par la même, mais comment peut-on paraître crédible désormais par rapport à la Cour européenne des droits de l’Homme, qui ne cesse de nous réprimander à cause du grand manque d’indépendance de notre Ministère Public par rapport au pouvoir exécutif. Loin de remettre en cause l’existence même d’un « parquet » dans un système judiciaire équilibré, la Cour reproche à la France de ne pas donner assez de garanties au système français pour garantir son indépendance. Voici un rapide historique des différents reproches faits par la Cour avec tout d’abord un rappel des compétences du Ministère Public, et du Procureur de la République de Paris notamment.
Le rôle du Ministère Public concernant l’action pénale (liste non exhaustive) :
- Il est détenteur de l’action publique, l’action publique étant une action en justice exercée contre l’auteur d’une infraction visant à le traduire devant une juridiction pénale.
- Le procureur de la République saisit par un réquisitoire le juge d’instruction, ce dernier ne pouvant se saisir d’office lorsqu’il estime le moment opportun.
- Il a ce qu’on appelle « l’opportunité des poursuites » : si le procureur de la république décide, à la suite d’une enquête de police, qu’une infraction ne lui paraît pas caractérisée, il ordonnera le classement sans suite de la procédure.
- Il peut donner sa désapprobation au juge d’instruction de ne pas assigner un prévenu au tribunal, en général le juge d’instruction suit ce conseil.
- Il est consulté dans un délai limité par un officier de police judiciaire qui aurait décidé de mettre un individu en garde à vue, et peut donc ainsi juger de l’opportunité de celle-ci, et la refuser.
Ainsi, il est aisé de déduire que le Ministère Public possède un large pouvoir de décision sur la privation de liberté d’un individu et du pouvoir de décision sur l’opportunité de poursuivre telle ou telle enquête menée par un OPJ, ou autres.
1) L’arrêt Medvedyev du 10 juillet 2008 de la Cour européenne des droits de l’Homme :
Elle avait estimé, pour condamner l’Etat français sur le fondement de l’article 5§1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, que le parquet français ne saurait être considéré comme une « autorité judiciaire » au sens de la Convention européenne des droits de l’Homme, « car il lui manque en particulier l’indépendance à l’égard du pouvoir exécutif pour pouvoir être ainsi qualifié ».
2) Le contrôle de l’indépendance du Ministère Public via l’article 5$3 de la Convention européenne des droits de l’homme :
Malgré une acceptation au final de l’existence même du Ministère Public en tant qu’institution faisant partie de l’architecture judiciaire française, la Cour maintient le manque d’indépendance du Ministère Public en enrichissant sa définition de ce que doit être une autorité judiciaire conduite à contrôler la privation de liberté d’une personne, ce que fait de manière trop importante notre Ministère Public à l’heure actuelle selon la Cour. Cette dernière écrit dans son arrêt qu’une telle autorité en matière de privation de liberté « doit présenter les garanties requises d’indépendance à l’égard de l’exécutif et des parties ».
Une stratégie gouvernementale qui va attirer les foudres de la Cour européenne des droits de l’homme :
La manière dont s’orchestre cette nomination n’augure rien de bon pour le porte-monnaie de l’Etat, en effet la Cour européenne des droits de l’Homme risque de retoquer l’Etat français concernant l’indépendance de son Ministère Public. Un directeur de cabinet qui devient procureur général de Paris a en effet quelques soucis de légitimité en terme d’indépendance, d’autant plus que l’analyse la plus récente de l’interprétation de l’article 5$3 de la Convention par la Cour (2) laisse à penser qu’un lien trop proche du Ministère avec le pouvoir exécutif est préjudiciable à la bonne tenue de la justice et surtout à sa compatibilité avec la Convention, qui a valeur constitutionnelle rappelons-le.
Alors certes M. Molins est un magistrat, mais une telle proximité pour une telle nomination peut s’analyser de deux manières :
- Il y a celle qui est explicite et volontairement perceptible, en effet les dernières affaires en terme de « récidive » (inexistante par ailleurs dans l’affaire « Agnès ») et autres faits divers à l’attention médiatique des plus fortes avaient tout intérêt à prendre les services d’un magistrat à la réputation sévère et intraitable, magistrat qui par ailleurs n’a pas très bonne réputation auprès du Syndicat de la Magistrature pour son côté trop autoritaire. C’est une manière de montrer toute la volonté de l’Etat français en cette fin de quinquennat de renforcer la lutte contre la délinquance, médiatisée.
- L’autre analyse laisse d’avantage place aux suspicions, elle est a fortiori plus difficile à prouver. Avoir un procureur général de Paris avec soi – lorsqu’on est politique et en période électorale – est un très bon moyen au vue des compétences de ce magistrat en matière de garde à vue ou en matière d’action publique, de garder un contrôle sur des affaires enfouies qui ne voudraient surtout pas être révélées en ces temps primordiaux pour tout homme/femme politique qui se respecte. On ne peut pas dire que ces derniers temps les exemples aient vraiment manqué, avec l’affaire Karachi par exemple.
En définitive, avec cette nomination à ce poste éminent, il n’est pas sûr que la France y gagne dans les prochains temps en terme d’indépendance de son Ministère Public. L’amende sera sûrement salée lorsque la Cour européenne s’y attèlera, et les conséquences en matière de démocratie pourraient aussi être assez dramatiques si les scénarios les plus obscurs concernant les affaires mettant à mal notre République se confirmaient. Il serait intéressant en tous les cas que les citoyens passent outre cette difficulté technique que pose une telle question afin de s’interroger sur les réelles conséquences qu’un manque d’indépendance du parquet peut provoquer. C’est pourquoi je milite, dans un domaine autre mais tout autant primordial, à ce que l’étude des institutions judiciaires en France soit un domaine d’enseignement à part entière à la fin des études secondaires.
Le traitement et les enseignements de l’affaire dite “Agnès”.
« Les faits divers »… Il serait probablement bon d’imposer un certain temps de réflexion à chacun des protagonistes de la scène médiatique avant de relater l’information et surtout de leur demander leur avis. Quoique non, cela serait restreindre le droit à l’information et laisserait libre jeu et trop de temps à toutes les manigances politiciennes sur le sujet. Toutefois il serait peut-être bien de s’en tenir aussi à d’autres principes à l’importance somme toute bien importante aussi : la présomption d’innocence par exemple, au hasard. Loin de vouloir protéger ce jeune homme qui a très probablement fait un acte monstrueux (et je ne le juge pas encore en disant ceci), chacun des citoyens possède les mêmes droits face à la justice. En bref, le saisissement de l’affaire par les médias a été tel que l’on a entendu toutes les versions possibles sur cet événement tragique. Alors, quand le politique s’en mêle et l’adapte à sa sauce afin d’en tirer le meilleur profit : on en retient un maelström détestable, où la passion prend le dessus sur la raison, où la vindicte populaire s’acharne bien souvent sur les mêmes, et où en guise d’apothéose : on en revient à cette honteuse question d’un point de vue de l’évolution de nos valeurs républicaines : « Faut-il réintroduire la peine de mort en France ? ». Chronique de l’éternel débat en ces lignes.
Tout d’abord il convient de revenir sur une notion dialectique qui a toute son importance et qui dans un premier temps n’est pas (jamais ?) respectée par les médias. On parle de « récidive », or selon la définition juridique du terme :
La récidive est une aggravation d’une peine contraventionnelle, délictuelle ou criminelle qui s’applique chaque fois qu’une personne, après avoir déjà été condamnée définitivement pour une première infraction, en commet une nouvelle.
Qui dit récidive dit condamnation. A ce moment là donc, on peut affirmer qu’il n’y a pas encore de récidive vu que l’individu n’a pas encore été condamné pour le viol présumé qu’il aurait commis l’an dernier. Selon le principe fondamental (essentiel au bon fonctionnement de la justice, on l’oublie bien souvent) à savoir la présomption d’innocence, il est juridiquement faux de parler de « récidive ». Ainsi, instantanément, si on ne parle pas d’un tel phénomène, le débat se passionne moins. Ce n’est sans doute pas la volonté des politiques de vouloir jouer de l’émotion de la population face à un tel drame qui, forts d’une intégrité à la hauteur de leur éthique impeccable, ne sauraient vouloir profiter d’un tel événement pour asseoir une domination médiatique propice à l’élaboration de projets électoraux des plus incroyables, et au passage de grappiller quelques points dans les sondages. Nous n’en doutons évidemment pas !
Les plus extrêmes, que l’on n’a pas besoin de nommer, désigneront comme solution la peine capitale, malheureusement. D’où l’extrême nécessité tout d’abord d’employer les mots justes et de savoir dépassionner le débat, car évidemment chacun peut se reconnaître dans une telle situation, les pères et mères ont peur pour leur enfant, et c’est bien compréhensible à la vue du matraquage médiatique omniprésent qu’apportent ces exemples dramatiques ; seulement lorsque ledit phénomène fait souffrir les idéaux républicains partagés et vient même à les remettre en cause, on peut suspecter et même accuser l’univers médiatique et la stratégie politicienne de leur faire bien du mal. Il s’agit donc de s’intéresser aux causes objectives qui ont pu mener à une telle situation.
Un contrôle judiciaire était-il suffisant ?
Après 4 mois de détention provisoire, le juge et a fortiori le parquet (l’Etat), ont donné un avis favorable à ce que ce jeune homme puisse sortir de prison et être encadré par un suivi psychologique, loin de la victime pour lequel il est présumé innocent rappelons-le. Ces quatre mois ne sont pas une peine, ils sont le préalable d’une obligation de soins, d’un suivi psychologique thérapeutique et d’une admission dans un internat propice à l’application de ces mesures de contrôle judiciaire. A priori cela ne paraît pas nécessairement insuffisant dans l’attente d’un jugement, où la personne est considérée encore comme étant innocente. Pour vous en rendre compte, imaginez simplement que vous soyez suspecté d’un crime que vous n’avez pas commis et que pour le simple fait d’être soupçonné vous passiez une année de votre vie en prison, votre vie ne serait-elle pas brisée ? L’affaire d’Outreau a de quoi donner des leçons de ce point de vue là. Malgré les fortes suspicions qui pèsent sur le jeune homme, il est important que tout présumé innocent soit traité à la même enseigne qu’un autre, l’erreur judiciaire existe toujours, il s’agirait simplement que ce contrôle judiciaire soit suffisamment appliqué ensuite et assez efficient pour éviter de nouveaux drames.
L’internat était-il au courant du dossier ?
Comment le jeune homme a-t-il été accueilli dans le lycée ? Comme quelqu’un qui venait de sortir de détention provisoire sans doute, mais avec plus de détails sur ses circonstances ? Son admission aurait-elle été possible s’il était mentionné dans son dossier qu’il était poursuivi pour une tentative de viol ? L’établissement qui prétend ne pas avoir été au courant de ces faits fait preuve d’une mauvaise foi toute relative car il était libre pour elle d’en savoir plus sur l’individu en lui posant la question, tout simplement, et ce même sans avoir un accès direct au dossier de l’instruction qui poursuivait le jeune homme. Il ne faut pas que le casier judiciaire soit collé au front de l’individu certes, toutefois il peut paraître normal que l’établissement puisse avoir le droit de demander ce qu’il en est de la situation d’un garçon qui se présente pour accéder audit établissement. Cette relativité de jugement est comparable au fait que la direction de l’établissement puisse aussi, si elle le souhaite, décider de donner une chance au jeune homme de s’insérer dans un environnement sain, et ce malgré les poursuites qui le suivent ; car après tout, il est encore à ce moment là présumé innocent de son précédent viol.
Qui dit justice dit égalité de traitement et … incertitude :
En effet, malgré les psychiatres qui se sont chargés du contrôle judiciaire, il est difficile de savoir si c’était soit leur travail qui n’était pas assez fourni, si c’était le jeune qui savait très bien mentir, si c’était le lycée qui n’encadrait pas suffisamment le garçon, ou si c’était une addition d’éléments qui ont provoqué le dénouement que l’on déplore tous. En tous les cas, nul professionnel n’est à l’abri de l’erreur, et la vindicte populaire qui tombe sur les professionnels de la psychiatrie est somme toute assez injuste car il n’est jamais mis en parallèle à toutes les fois où le contrôle judiciaire permet de faire du bien à des individus en perdition, qui ont commis un crime, et qui grâce à cela ne sont pas mis en prison et ressortent « soignés » d’un traitement profond grâce auquel ils en ressortent « réintégrés ». L’intérêt de s’éloigner de la passion d’un tel débat réside en ceci, il est plus intéressant pour une société de ressortir ce qu’il peut y avoir de positif dans un drame, comme la réintégration d’un individu, plutôt que d’en voir sortir deux, que ce soit par une peine de prison à perpétuité ou par la mort. La sanction dans le système punitif est une question bien plus complexe que la simple décision d’application d’une peine de perpétuité, ou pire : d’une peine de mort.
En revenant sur la question épineuse, concernant les professionnels chargés de la réinsertion de ce type d’individu, nul n’est malheureusement à l’abri d’une très grosse erreur de parcours. A côté du déferlement médiatique contre cette profession, il s’agirait de savoir une bonne fois pour toute si ladite récidive (peut-être présente dans les faits aujourd’hui) est mieux traitée d’un point de vue thérapeutique et sociologique par l’incarcération ou par les soins psychothérapeutiques. Probablement que si l’on savait de tels résultats – et ils doivent exister par ailleurs – les thèses populistes prendraient du plomb dans l’aile et les punitions moyenâgeuses seraient moins perçues comme la solution à tous les problèmes de délinquance. On remarque, sans faire une analyse profonde du phénomène, que les Etats-Unis : pays démocratique le plus utilisateur du système de l’incarcération (et de la peine de mort par là-même) est celui où la récidive est la plus élevée et où la punition, la plus élevée soit-elle, n’est pas la plus dissuasive.
Qui pouvait prévoir que ce jeune homme repasserait à l’action en attendant son procès ? L’encadrement était présent certes, mais parfois les mailles du filet sont trop grandes. Une enquête administrative a été ouverte afin de savoir quels auraient pu être les largesses de cette décision voulant imposer seulement un contrôle judiciaire et non un maintien de la détention provisoire. Il en est de-même d’ailleurs s’agissant du contrôle effectif même (sur le terrain) dudit contrôle. Sans être l’avocat du diable, une telle décision appartient à des gens compétents, ni trop laxistes ni trop sévères, qui agissent selon l’intérêt sociétal et en toute indépendance. De ce fait il paraît bien trop facile de leur retomber systématiquement dessus à la moindre bévue. C’est dramatique, mais l’erreur existe dans chacun des métiers. A ce compte là, pourquoi ne pas créer d’autres instances de suivi médical si celles-ci en sortent comme étant insuffisantes en termes d’effectif et de compétences ?
Des pistes de travail sont à l’étude, c’est certain, gageons pour le moment en premier lieu d’employer les termes appropriés (cf « récidive »), d’analyser avec exactitude et en toute impartialité les causes de ce drame (sans manipulation médiatique/politique) et ce tout en gardant à l’esprit toutefois qu’il y a indéniablement une part d’incertitude qui est semée dans tout ce qui touche à la justice, car cette dernière est à parfaire et le sera toujours, au rythme de l’évolution de nos sociétés.
Les lobbys du nucléaire pèseront lourd dans la balance électorale.
Secteur fort de l’industrie française et source d’un savoir-faire dont peu de pays peuvent se targuer, la branche du nucléaire est un secteur phare de l’économie française. Sans faire un débat entre les pro-nucléaire et les anti-nucléaire, tout deux forts de lobbys puissants et probablement influents, l’analyse et la transcription de telles pressions sur la scène politique française mérite une attention toute particulière. Focus donc sur l’accord entre le Parti socialiste (PS) et Europe-Ecologie Les Verts (EELV), véritable révélateur de toute la richesse et l’intensité d’un débat sur une question lourde en conséquence : la prolongation ou non d’un riche secteur de l’industrie nationale, aux enjeux électoraux primordiaux et à ne pas sous-estimer.
Le dilemme socialiste sur la question du nucléaire :
Concernant le Parti socialiste, qui est à l’origine de cette controverse symbolique avec EELV, celui-ci a perdu beaucoup lors de ces derniers débats. En effet la distension qui pouvait être créée avec les Verts en cas de désaccord était capable de réveiller de vieux spectres au PS : celui d’un premier tour de présidentielle de 2002 par exemple. Les trop nombreuses divisions au sein du PS et l’abandon ipso facto de la gauche dite « plurielle » avait fait sombrer les rêves présidentiels des socialistes, et de L. Jospin.
Les Verts ont à la base un avis tranché, la France doit sortir du nucléaire le plus rapidement possible, par un processus que par exemple les Allemands (qui ont un parc nucléaire bien moins important) ont mis en œuvre. Là est la difficulté pour le PS, qui ayant besoin des voix des Verts lors d’un probable second tour présidentiel est dans la nécessité d’obtenir un accord avec le parti représenté par Eva Joly lors des prochaines échéances électorales. Face au pragmatisme que l’UMP propose, à tort ou à raison, et au vu du lobby pro-nucléaire mis en place notamment par M.Broglio (PDG d’EDF) ou par Areva : « les conséquences d’une sortie du nucléaire seraient catastrophiques ». A tort ou à raison donc, le PS se voit dans l’obligation de jouer le jeu du pragmatisme largement considéré ancré dans les consciences du peuple français, en parallèle à l’adaptation aux exigences des Verts qui, largement connaisseurs sur le sujet et farouchement opposés à une continuité du nucléaire en France, sont (très) difficilement conciliants.
L’équilibre en était là, c’est alors que les Verts ont fini par faire un forcing à un moment où PS était obligé d’établir un accord avec le parti. C’est là que la politique politicienne a résonné dans toute sa splendeur dans le débat public. L’accord semblait alors impossible tant les exigences des Verts paraissaient incompatibles avec le désir socialiste et ses obligations structurelles en terme de projet politique. Ainsi, afin de satisfaire les ambitions et projets de chacun, il a été convenu que les Verts acceptent la proposition de réduction du parc nucléaire, et non sa disparition totale, en l’échange d’une non-présentation lors du premier tour des législatives de certains prétendants socialistes à un siège de député dans des circonscriptions où les Verts peuvent y prétendre sérieusement. Jeu purement électoraliste, cette manière de se partager les sièges a dérangé l’opinion publique, car au nom d’enjeux électoraux les Verts se sont assis sur une base fondamentale de leur programme à savoir l’arrêt du nucléaire en France. Alors certes cela leur permettrait de constituer un groupe à l’Assemblée nationale, seulement la pilule a du mal à passer, en apparence tout du moins et seulement dans un premier temps. Ce sont Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo et Gérard Collomb qui ont le plus démontré leur mécontentement face à cette situation.
Opportunisme électoral ? Seulement ça ? Le débat tourne au vinaigre lorsque l’on remarque que dans l’accord une contradiction flagrante apparaît alors : en ces lignes, le MOX (un combustible nucléaire) devait être abandonné dans son utilisation. Or, parallèlement à cela, le PS maintenait son envie de ne pas abandonner le projet de l’EPR à Flamanville, ambition surprenante, acceptée et assumée par les Verts lors de la conclusion de cet accord. Manque de connaissance du sujet de la part de Michel Sapin, le co-auteur de l’accord avec les responsables des Verts ? Possible, une meilleure connaissance du dossier de la part des écologistes a sans doute piégé le socialiste, en effet l’EPR de la Hague nécessite du MOX pour fonctionner. Ce non-sens fit alors l’affaire des Verts. Sorte de supercherie qui a mis dans l’embarras le PS tout entier lors de sa prise de conscience générale, le paragraphe contenant le projet d’abandon du combustible MOX eut alors disparu dans la soirée, laissant à côté de cela la survivance de la construction du réacteur normand. Le piège s’est dissout, sans surprise, les Verts ont crié alors au non respect dudit projet commun. Aujourd’hui c’est plutôt une « différence d’interprétation » de l’accord qui est mentionnée dans la presse, et on explique que le combustible MOX devra alors être reconverti et progressivement substitué. Très vague sur la forme, le PS fut toutefois réduit à ne pas trop communiquer sur un désaccord avec EELV, les enjeux électoraux étant trop importants et la maladresse ne devant pas être étalée trop longtemps sur la scène médiatique.
Un écart significatif se forme alors entre le PS et l’UMP en matière d’énergie :
Les Verts ont finalement tout remporté, ils ont gagné des circonscriptions et des accords allant peut-être au-delà de leurs espérances en matière d’ambitions d’abandon du projet nucléaire. Toutefois c’est une réputation d’opportuniste et finalement la trace d’un sentiment amer en terme de conviction politique qui seront laissées derrière eux. C’est l’UMP qui en sortira renforcée de l’autre côté, car ils auront en face d’eux un PS agrippé par un poids lourd vert, au programme écologique qui pour l’instant ne rentre pas dans les idéaux généraux de réalisme en matière écologique et économique des Français. Par ailleurs, autre conséquence d’un tel enchaînement de mésaventures pour François Hollande et le PS : le Front de Gauche et d’autres partis ouvriers à l’importance moindre, sans vouloir amenuiser leur conscience écologique, ne verront pas d’un bon œil lors des élections la possibilité de voir un secteur si riche en terme d’emplois être déséquilibré voire victime de grands bouleversements sociaux.
L’arbitre entre les deux : le lobby nucléaire. Si ce dernier fait bien son travail lors des prochains mois, le programme du PS paraîtra alors irréaliste, destructeur d’emplois, et la cause de toutes sortes de désastres économiques et géopolitiques pour la France. A tort ou à raison donc, et ce n’est pas l’objet de ce billet, le lobby nucléaire pèsera lourd lors du prochain débat, l’erreur monumentale du Parti socialiste et plus particulièrement de F. Hollande et de Michel Sapin pourra porter de lourds préjudices à leur camp en 2012. L’ascension de Nicolas Sarkozy dans les sondages ces derniers temps, finalement et grâce au Parti socialiste, n’a peut-être pas fini de progresser.
L’expérience d’un (très) grand, la démonstration de Federer.
Par chance, même s’il s’en est valu la dépense de quelques-uns de mes deniers, j’ai pu assister à la finale du Masters de Paris-Bercy, ou plus exactement du BNP Parisbas Masters 1000, nom pompeux donné par la force des choses à l’ex-Open de Paris. Souvent dénommé le « zoo », l’ambiance était au rendez-vous ; la raison d’un tel engouement : la présence de deux joueurs manifestement appréciés par le public : Roger Federer et le Français Jo-Wilfried Tsonga.
Arrivé grâce à un tirage objectivement largement à sa portée, J-W Tsonga avait eu en plus de ça la chance de ne pas affronter Novak Djokovic, grand prétendant au titre parisien. Avec un match en moins dans les jambes, le Manceau était prêt suite à un gros match contre l’Américain Isner à en découdre avec Roger Federer. Ce dernier, numéro 4 mondial – place dans le classement dont on ne s’habituera jamais – semble cette année un peu sur le déclin, sur une sorte de pente descendante d’une carrière fabuleuse où l’âge et la motivation semblaient lui faire un peu de mal. Numéro 4 c’est une place très honorable c’est certain, cela dit le Suisse n’avait toujours pas gagné avant cette finale l’un des 9 Masters 1000 de l’année, tournois qu’il trustait il y a quelques années d’une main de maître avec les tournois du Grand Chelem. L’horizon est fait, un Tsonga en forme et remonté après sa victoire en demi-finale affrontait un Federer qui pour la première fois de sa carrière semblait descendre progressivement d’une dimension.
Le match démarra par un jeu du Suisse, et deux balles de break pour Tsonga malheureusement pour lui non converties. S’en est suivi lors du jeu suivant un break confirmé pour Roger Federer, c’était déjà fini des illusions de gains de Tsonga pour le premier set. Le Suisse, fort d’un service très efficace, n’était nullement inquiété lors de ses services et ne manquait pas les opportunités données par son adversaire du jour. Le verdict tombe, c’est 6 à 2 pour Federer dans le premier set, en une petite demi-heure de jeu seulement. Jo-Wilfried ne paraît pas être à la ramasse pour autant, il commet simplement trop de fautes directes en étant obligé de tenter face à ce si redoutable adversaire, ce dernier étant dans une efficacité optimale.
Le deuxième set était plus animé, Tsonga faisant moins de faute et R. Federer étant moins impérial sur son service, quelques occasions sont apparues pour le Manceau de « breaker » son adversaire en fin de set, malheureusement ces quelques moments où Bercy a réellement vibré pour son compatriote n’ont pas été fréquents et surtout pas concluants. D’une solidité incroyable et réussissant presque à breaker son adversaire à 4-4 (le pire des moments) grâce à deux points de suite venus d’une autre planète, on a reconnu là la marque du très grand joueur, qui sait se créer au juste moment l’occasion de tuer l’adversaire. C’est en quelque sorte ce qui s’est passé lors du tie-break qui s’est avéré décisif : Roger Federer a placé ce qu’il fallait, quand il fallait, laissant son adversaire se mettre les pieds tout seul dans le tapis en commettant des fautes directes lors de points capitaux. 7 à 3 dans le tie-break pour confirmer cette domination sans faille, c’est ce qui a révélé la nette supériorité du Suisse tant d’un point de vue du jeu mais aussi au niveau de la gestion du match et de la pression des points importants. C’est toujours le même crédo en tennis, et c’est le refrain que l’on entend à longueur d’année, les trois joueurs du trio de tête au classement ATP ont cette aptitude et cette capacité qui les rendent au final plus forts qu’un tout nouveau sixième mondial, qui ne démérite pas pour autant sa place, à savoir Jo-Wilfried Tsonga.
Le Manceau a été le premier à reconnaître la supériorité du « maître » lors de la conférence de presse et même directement lors du speech d’après-match. Le temps pour Roger Federer de démontrer son fairplay indéniable, les deux joueurs se sont alors donnés rendez-vous pour les prochains Masters de Londres très prochainement. Dimanche dernier finalement, on quittait Bercy avec le sourire, car même si le public penchait plus pour son protégé national, la victoire de R. Federer a permis au public de démontrer toutefois tout l’amour qu’il porte et qu’il a su donner à un tel champion tout au long de sa carrière.
Un PSG vainqueur, sans briller.
« Les quatre fantastiques » aime-t-on les appeler. C’est quelque peu présomptueux de les annoncer déjà comme tels, mais il est vrai que le bilan des points à l’approche de la trève hivernal est très éloquent pour le Paris Saint-Germain : 30 points, c’est 6 points de plus que Lille et 7 par rapport à Lyon (les principaux concurrents annoncés dès le début de la saison) et 3 points sur Montpellier : la révélation de ce championnat pour l’instant. Malgré ce bilan très aguicheur, un tel état de grâce ne saurait être (au moins un peu) remis en cause, car très objectivement Paris est depuis quelques matchs très décevant dans le jeu. Origines, analyses et solution(s) d’une situation très paradoxale.
L’analyse d’une telle situation :
Le point de départ de la méforme se cristallise lors du 1/8ème de finale de Coupe de la Ligue remporté par Dijon. Faible d’une défense très hésitante, notamment de Lugano, le PSG avait perdu ce match 3 à 2 alors que la victoire lui tendait les bras. C’est depuis ce match là que la déliquescence est apparue d’un point de vue offensif.
Depuis ce match, et ça s’est largement remarqué dimanche soir lors du match contre Bordeaux, le quatuor offensif est souffrant de la puissance de ses égos et de ses individualités qui semblent oublier d’animer collectivement le jeu offensif parisien. Chacun y va de sa tentative, touche 4 à 5 fois le ballon avant de le passer à un coéquipier, en bref, chacun fait ce qu’il veut et aucune esquisse d’un jeu collectif travaillé et rapide ne semble être enclenché.
Preuve d’un tel syndrome, « la palette » de Canal + montrait les démarquages de K. Gameiro, qui en vain tentait de se positionner pour réceptionner une potentielle passe de Ménez, qui ne vint jamais finalement…
Pastore lui aussi semblait déboussolé, hésitant, trottinant, en bref pas dans son match et surtout très agacé dès lors qu’il ratait un geste.
Le seul à se démarquer de ce lot fût Nene qui essayait avec conviction de dynamiser le jeu parisien en percutant l’aile adverse et en donnant des possibilités à ses coéquipiers.
Un tel manque d’envie de jouer ensemble peut avoir pour origine une mauvaise ambiance au sein du vestiaire parisien. Peut-être que les joueurs de ce si célèbre quatuor et qu’on encense depuis le début de la saison sont déjà lassés de jouer ensemble, ce qui ne peut avoir pour origine qu’un ego trop surdimensionné et/ou un manque total de professionnalisme. Tous ces joueurs sont tout de même jeunes et ce mélange fatal peut être la source d’une certaine tension. Cette dernière est assez visible lorsque l’on voit les agacements et le faciès sans sourire des joueurs qui, à défaut de jouer avec leurs partenaires, préfèrent se résoudre à tenter seuls des exploits individuels, avec un échec au bout du compte généralement. Le fait que Javier Pastore soit à ce point là sous les projecteurs médiatiques depuis le début de la saison est peut-être une origine à ce malaise. Son ex-président de Palerme, Maurizio Zamparini, racontait cet état de fait, de toute la jalousie suscitée par le joueur à l’air quelque peu nonchalant du fait de son talent indéniable qu’est Javier Pastore, qui pourrait irriter certains pour qui ce génie est moins inné et insolent.
Les solutions possibles du PSG :
Revenir à un rythme plus souple tout d’abord pourrait être une solution de court terme pour l’effectif parisien. L’enchaînement des matchs est tel que l’érosion physique des joueurs peut véritablement gêner l’élaboration d’un jeu collectif précis et efficace. Néanmoins ce serait trop simpliste de conseiller simplement au PSG de recruter encore, et encore… Le problème est sûrement plus profond, c’est un problème de caractère, d’egos et de susceptibilités qui est à résoudre.
Solution face à un tel problème : une discussion claire entre les joueurs, sous l’égide pourquoi pas du directeur sportif ou de l’entraîneur qui sont les seuls aptes à donner des leçons de morale à leurs troupes, au comportement peut-être infantile sur les bords.
Seconde solution si les joueurs n’arrivent pas à se prendre en main sur le terrain malgré l’édiction d’un plan de jeu et d’un entraînement : il faut peut-être faire tourner l’effectif et mettre des joueurs qui sont moins talentueux sur le papier, mais qui sauront redonner une bribe de dynamisme au jeu parisien.
Autre possibilité, plus annexe cette fois-ci mais qui pourrait avoir son importance, ce serait de trouver un appartement à Paris pour son meneur de jeu : J. Pastore. Loin de plaindre un millionnaire qui vit à l’hôtel, peut-être quand même qu’un lieu plus adapté au développement d’une vraie vie familiale, pour lui, comme ce serait le cas pour un citoyen lambda, serait un plus non négligeable pour un joueur qui est venu en hâte à Paris et qui a eu en plus de cela une préparation physique tronquée.
La trêve internationale va sans doute faire gamberger les idées parisiennes, de ses joueurs et de ses managers, on espère pour eux que l’abcès qui commence à se former au sein du collectif saura vite être résorbé par des initiatives louables et qui ne pourront être que profitables pour le PSG, ainsi que pour le championnat français.



